Cinq chefs d’Etat désignés pour convaincre le Burundi d’accepter une force d’interposition de l’UA

Le Soleil – Les chefs d’Etat de la Mauritanie, de l’Afrique du Sud, du Gabon, du Sénégal et le Premier ministre éthiopien ont été désignés par l’Union africaine pour tenter de convaincre leur homologue burundais d’accepter le déploiement d’une force d’interposition dans son pays en crise.

C’est le nouveau président en exercice de l’Union africaine, le tchadien Idriss Déby Itno qui, « après consultations », a annoncé la composition de cette délégation de haut niveau hier, selon un communiqué de l’UA.

L’UA ne précise toutefois pas quand le mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, le sud-africain Jacob Zuma, le gabonais Ali Bongo, le sénégalais Macky Sall et le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn se rendront à Bujumbura.

Cependant, selon une source diplomatique régionale interrogée par l’AFP, la délégation doit se rendre au Burundi « d’ici le 20 février ». Lors de son dernier sommet fin janvier, l’UA avait renoncé à envoyer dans l’immédiat une force de maintien de la paix au Burundi face à la réticence de plusieurs chefs d’Etat africains et à l’opposition frontale de Bujumbura. Cette force, dont le principe avait pourtant été acté par l’UA mi-décembre, doit permettre d’enrayer le cycle des violences faisant craindre des massacres à grande échelle au Burundi, petit pays d’Afrique des Grands Lacs marqué par une guerre civile meurtrière (300.000 morts) entre 1993 et 2006.

Les chefs d’Etat avaient notamment insisté sur le fait que le déploiement de la Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu), forte de 5.000 hommes, ne pourrait se faire sans le consentement de Bujumbura. Or le président burundais Pierre Nkurunziza s’est jusqu’à présent montré catégoriquement opposé à cette force, qu’il a qualifiée par avance de « force d’invasion ».

La délégation des cinq chefs d’Etat doit tenter de convaincre que la Maprobu vise avant tout « le désarmement des milices, la protection des civils en coopération avec les forces de police locales, la facilitation du travail des observateurs des droits de l’Homme », selon les propos du Commissaire de l’UA à la paix et à la sécurité Smaïl Chergui fin janvier.

Elle aura aussi pour « priorité de convaincre M. Nkurunziza de revenir à la table de négociation avec toutes les parties au conflit », a souligné à l’AFP une source de l’UA proche du dossier. Le dialogue interburundais, brièvement relancé fin décembre, est actuellement au point-mort.

Plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la crise au Burundi, qui a poussé 230.000 personnes à l’exil. La capitale est désormais le théâtre de nombreuses exécutions extrajudiciaires, d’accrochages nocturnes réguliers, tandis que les auteurs d’un coup d’Etat avorté en mai ont promis de renverser le gouvernement par les armes si nécessaire.

AFP

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