Dak’Art 2016 : l’art mauritanien entre engagement et faits de société

APS – Un collectif d’artistes mauritaniens prend part pour la première fois à la 12ème Biennale de l’art africain contemporain, avec des œuvres d’art qui explorent la société mauritanienne dans toute sa diversité, a constaté l’APS.

Prévue jusqu’au 2 juin prochain, cette exposition comptant pour la partie Off du Dak’art 2016 se tient au Centre culturel mauritanien, sis à l’ambassade de la Mauritanie à Dakar.

Cinq artistes venus de ce pays voisin du Sénégal dévoilent ainsi leur tableau d’art, qui survolent la culture traditionnelle mauritanienne mais également des faits de société, comme Khadijatou Mint Ismail, peintre autodidacte, qui a travaillé sur l’art décoratif.

Sur ses peintures sont visibles les accessoires et autres bijoux traditionnels très prisés par les femmes maures, mais aussi des ustensiles de cuisine savamment ornés.

Pour sa part, Béchir Malloum dénonce l’utilisation abusive du maquillage par les femmes mauritaniennes. Dans ses peintures, l’artiste s’interroge également sur la dépigmentation qui prend une ampleur inquiétante en Mauritanie.

L’artiste Amy Sow se veut elle plus engagée dans ses productions artistiques. Dans les peintures accrochées, elle cristallise le regard sous différentes expressions sentimentales, à l’aide notamment d’un tamis. Une manière peut-être pour elle de dire qu’il n’est pas permis de tout voir.

Ayant passé plus d’une quinzaine d’années dans la capitale mauritanienne, Nouackchott, Mansour Kébé est le seul artiste d’origine sénégalaise du collectif. Dans ses tableaux, il revient sur l’importance de la méditation, mais révèle aussi au public l’instrument musical phare de la musique traditionnelle en Mauritanie : le « hardine », un instrument similaire au kora.

Interrogé par l’APS sur l’art dans son pays en général, l’artiste estime que « l’art en Mauritanie a connu une évolution en dent de scie en fonction surtout de l’évolution politique et religieuse du pays ».

« Au début, la culture en Mauritanie n’était limitée qu’à la musique et à la poésie, mais entre 2005 et 2010, l’art a connu une forte évolution, surtout l’art plastique, avec l’apparition d’un grand nombre d’autodidactes. Et de nombreux jeunes mauritaniens exposent désormais partout dans le monde », a t-il expliqué, signalant plus d’une cinquantaine d’artistes peintres rien que dans la capitale.

L’artiste photographe Malyka Diagana expose auprès de ses collègue plusieurs clichés en noir et blanc. Sous le thème « Urban life », elle immortalise des scènes de vie dans les rues, entre Dakar et Nouakchott.

Le directeur du Centre culturel et conseiller à l’ambassade de Mauritanie, Mouhamed Meinouh, rappelle que le centre a été officiellement inauguré le 15 avril dernier et compte dérouler un programme annuel marqué par des activités artistiques et des conférences-débats qui démarrent dès ce mois-ci.

« C’est le premier centre culturel mauritanien ouvert à l’étranger, et nous avons choisi le Sénégal qui est un pays frère et ami. Le gouvernement mauritanien compte ouvrir d’autres centres culturels dans d’autre pays pour exporter la culture mauritanienne », a-t-il annoncé.

Le centre compte déjà une bibliothèque physique et numérique, une salle de classe pour l’apprentissage de l’arabe, une salle d’exposition et un espace dédié aux prestations à ciel ouvert.

MF/ASG

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