«Le mensonge peut courir depuis dix ans, il suffit d’une matinée à la vérité pour l’atteindre»

Depuis 1990, des mauritaniens se sont investis pour opposer à l’impunité affichée du régime et de ses valets, la lumière et la justice face aux crimes de sang commis un 28 Novembre 1990. Un refus. Refus de l’oubli et de l’impunité. Cela sonne comme un rappel, une exigence.

Le régime et ses collaborateurs qui sont disséminés dans la diaspora ont longtemps essayé de passer sous silence les exécutions lâches, barbares du 28 Novembre 1990. Si cette omerta est normale aux yeux des collaborateurs et autres parvenus, elle est pour d’autres déplorable. Les autres ce sont tous les mauritaniens épris de paix, de justice parmi lesquels on compte des bidhanes dont des politiques, des intellectuels.

Le 15 Décembre 2018 dernier, jour choisi par l’association des Mauritaniens de Cincinnati pour célébrer le 28 Novembre 2018, j’ai pu expérimenter combien est grand et profond le schisme entre maures et noirs. Entre mauritaniens. Des gens se sont sentis offensés par l’évocation du nom de l’un des présidents de la Mauritanie, Ould Taya….

Ma génération a connu et a vécu ses actes barbares exécutés par ses forces de l’ordre……..La célébration du 28 Novembre est un rappel, c’est une date qui nous parle. Certes elle nous parle de notre accession à la souveraineté internationale mais elle nous parle aussi des 28 noirs sacrifiés ce 28 Novembre 1990 pour célébrer notre 30eme anniversaire.

Oui Chers frères bidhanes. C’est une vérité récente. C’est un épisode que les gouvernants et leurs collaborateurs de la diaspora veulent enterrer.

Cette nuit du 15, je me suis plus que jamais dit qu’il reste un gros travail à faire. Désolé, renversé et stupéfait lorsque je vois des frères et sœurs maures imposaient à leurs concitoyens négro-mauritaniens le « Motus et bouche cousue! »

J’ai compris qu’une grande partie de la diaspora porte en elle toutes les carences de notre élite gouvernante. Elle a excellé depuis toujours dans son cynisme, ses calculs. Et d’ailleurs, cette diaspora acquise au pouvoir n’était pas uniquement bidhane! Loin s’en faut……

Le gouvernement a ses représentants officieux appellés dans le pays bidhane, les Jassousses et en pays peulhs « Naffigeejiii » ou, en termes édulcorés, « Haltobes ».

Ce 15 Décembre, j’ai compris combien la Mauritanie est divisée. J’ai compris que les innombrables problématiques qui enlisent le pays nous suivent partout. Partout.

Eh oui le fameux brouillard dont l’épicentre est en Mauritanie et qui réduit tant la visibilité entre mauritaniens s’est répandue ici aux USA. Il a été à l’origine des altercations verbales qui ont failli tourner à des altercations physiques.

Le cynisme, la négation, l’impunité ont voulu triompher transitoirement sur la douloureuse vérité, celle du racisme dont la manifestation la plus évidente fut l’exécution sommaire de 28 sous-officiers à Inal.

Cette situation montre bien que le combat pour l’avènement d’un Etat de droit en Mauritanie est d’actualité. L’une des exigences pour en arriver à cet état de droit serait d’élucider les causes de l’exécution sommaire des militaires pendant, avant et après le 28 Novembre 1990.

Une telle exigence impose à ceux et celles qui s’opposent à l’impunité de penser des tactiques payantes pour assurer un combat plus efficace sur la terre américaine.

Quelques pistes

Il faut se fixer des objectifs et ne pas faire dans l’amateurisme. En effet à quoi bon de ressasser des tragédies, des faits, des tortures, des assassinats au moment où nous ne nous fixons aucun agenda et nous ne nous mettons pas à l’épreuve du travail rigoureux, organisé et au terme duquel des bilans sont déposés?

Je ressasse ici les mêmes propositions que j’ai faites jadis :

1. Rédiger un mémorandum qui sera un ouvrage dans lequel sera exposé clairement les faits, les témoignages et les autres données liées aux exécutions.

2. Initier une PLAINTE AUX USA et au niveau régional et sous-régional africain;

3. Développer des stratégies de communication;

4. Maintenir et relancer l’idée des pèlerinages (Inal, Selibaby, Sorimalé ect…;)

C’est Cocteau qui disait qu’il faut autant CULTIVER SES DÉFAUTS QUE SES QUALITÉS. Par cultiver ses défauts, il voulait dire que nous ne devons aucunement les OCCULTER.

Adama NGAIDE. USA

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