Mauritanie : La CVE réitère la demande d’officialisation des langues négro-africaines

dim, 01/03/2020 - 11:02

Mauritanie : La CVE réitère la demande d’officialisation des langues négro-africaines

ALAKAHBAR (Nouakchott) – Dans un communiqué à Alakhbar, la Coalition Vivre Ensemble Vérité et Réconciliation (CVE / V – R) réitère l’exigence de la réhabilitation de l’Institut et l’officialisation des langues pulaar, sooninke et wolof pour qu’elles trouvent pleinement leur place non seulement dans le système éducatif mais aussi dans tous les domaines de la vie nationale.

 

La Coalition Vivre Ensemble / Vérité – Réconciliation - qui s’exprime à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la langue maternelle (21 février 2020) - tient à rappeler l’Etat mauritanien à ses responsabilités quant à la place réservée aux langues négro-africaines et aux cultures qu’elles véhiculent dans l’espace public national.

 

"Ces langues sont exclues de la sphère scolaire depuis l’arrêt arbitraire de leur expérimentation en 1999 dans l’enseignement fondamental et la transformation de l’Institut des Langues Nationales en un département folklorique de l’Université de Nouakchott, indique la CVE / V – R".

 

"L’Etat a par ailleurs, dans le cadre de la libéralisation des ondes, refusé à leurs locuteurs toute possibilité d’ouvrir des stations privées de radio ou de télévision. Ces langues, en effet, feraient désordre dans le paysage audiovisuel mauritanien entièrement dévolu à la promotion de l’arabité du pays."

 

"L’Assemblée nationale, qui vient d’instituer une traduction systématique entre les langues nationales pulaar, sooninke et wolof et la langue arabe, dispose d’une chaîne de télévision dont ces langues demeurent encore exclues. Cela en dit long sur la volonté du parlement de promouvoir l’usage des langues nationales, surtout quand l’on sait que la traduction n’est pas assurée entre ces dernières."

 

"L’Etat mauritanien se doit donc de se départir de cette volonté inavouée d’assimilation qui sous-tend ses fondements et qui confine tous les citoyens non arabes du pays au rang de citoyens de seconde zone. Il est impératif que ceux qui nous gouvernent fassent de la reconnaissance du droit à la diversité culturelle une réalité concrète, palpable, seul gage d’une Mauritanie une et plurielle conformément à ses engagements nationaux et internationaux."