
Peu après le lever du soleil, les voitures et les bus envahissent les rues du marché de la capitale. On n’y sent plus la brise matinale : l’odeur des gaz d’échappement domine, bientôt rejointe par le vacarme des vieux moteurs. Nouakchott vous souhaite la bienvenue.
En observant attentivement les rues, on constate aussi que les camions-citernes ne cessent de faire la navette, signe d’une dépendance totale aux carburants importés.
Si nous prenons un peu de recul par rapport à cette image habituelle et que nous examinons les chiffres, nous découvrons des enjeux plus vastes qui exigent des solutions durables. Face à cette réalité, quelles sont les initiatives à prendre pour renforcer la résilience de la Mauritanie face à cette dépendance aux carburants importés ?
En effet, la Mauritanie dispose d’un potentiel considérable en matière d’énergies renouvelables : son rayonnement solaire compte parmi les plus élevés au monde et son littoral bénéficie de vents constants. L’adoption d’un système hybride dans le secteur des transports constitue ainsi une première étape réalisable : une partie de l’énergie des véhicules pourrait provenir de l’électricité d’origine solaire ou éolienne, l’autre restant assurée par le carburant, en attendant une mobilité alimentée à terme par ces ressources locales.
D’un point de vue pratique, il n’est pas possible de proposer une solution entièrement électrique dans ce secteur, mais le système hybride s’avère être la solution la plus réaliste et efficace à court terme, d’autant plus que les bus hybrides permettent de réduire les émissions de dioxyde de carbone de 35 à 36 % par rapport aux bus fonctionnant au diesel (Moarref et al., 2024).
Une étude publiée dans Scientific Reports indique que l’adoption de véhicules électriques dans les minibus en Afrique permettrait d’économiser entre 1 200 et 14 000 dollars de carburant par véhicule et par an (Dumoulin et al., 2026).
Bien que ces chiffres concernent les véhicules entièrement électriques, ils mettent en évidence un potentiel économique considérable qui encourage l’intégration du système hybride dans le secteur des transports.
Pour tirer parti de ce chiffre, il est nécessaire de disposer de données fiables sur le nombre de minibus-taxis afin de déterminer le montant total des économies réalisables, mais les indicateurs eux-mêmes laissent entrevoir un résultat prometteur.
Le gouvernement joue un rôle clé dans la concrétisation de cette transition, et une première mesure envisageable consisterait à exonérer les véhicules hybrides importés des droits de douane afin d’encourager leur adoption.
L’octroi de subventions directes pour le renouvellement du parc automobile pourrait également constituer un facteur positif.
Dr Mariem Ahmed Baba
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