Qui fut Ly Djibril Hamet?

sam, 24/10/2015 - 13:17

Ibrahima baila wele - Je l’ai connu quand il était stagiaire à l’ENI (Ecole Nationale des Instituteurs) où on le confondait souvent avec Ly Djibril Mame. L’ENI était, à l’époque, dirigée par Monsieur Lenoble et avait comme laboratoire pédagogique l’école Annexe ou d’application, située dans l’époque dans les locaux de la première assemblée nationale. Il nous a enseignés au CE1 et au CM2.

Je ne pourrai parler de Monsieur Ly (comme tout le monde l’appelait) sans évoquer mes souvenirs avec mon frère WELE Ismaila, Moustapha Ngaidé ainsi que mes promotionnaires que je ne peux oublier.

Entre autre, Kane Mohamed Abdallah, Kane Yahya, Diop Hamady Hadoye, Sall Aliou, Gandéga Moussa, Cheikh Ould bourge, Fatimetou mint Amar, Jemila Mint Taya, Moussa Diagana, Kane Boubacar Yahya, Kane Ibrahima Yahya, Bâ Kibiri, Gnangna Diop, Sarr Yacine, Diop Sanor, Diallo Alioune dit Badara, Diabira Gueladio Sily, Bâ Houleye, Bal Aissata dite Néné, Bâ Aminata dit Léna (feue), Bâ Aminata, Lemine Ould Mohamed Baba, Kane Ali, Kane Abou, Kane Kadiata dit Néné Gallé, Aidara Oumar, … (je m’excuse pour ceux que j’ai omis…).

En tant que Maître, nous pouvons nous vanter d’avoir appris de lui :

- A faire du théâtre : les représentations étaient faites à la permanence du PPM (Parti du Peuple Mauritanien) ;

- Chanter : à midi et à 5 heures, les élèves de l’école venaient s’entasser aux fenêtres de notre classe, pour écouter la belle voix de Monsieur nous enseigner des chansons comme « Ah oui j’ai mon cœur à mon aise », « nous avons des caporaux », il avait déjà commencé à demander à chaque élève d’enseigner à la classe des chansons de sa culture, on y voyait Maures, Poular, Soninké Wolofs, chanter ensemble des chansons « a yaye bimbame », etc. Durant ces moments, il jouait, comme il savait si bien le faire, de la guitare ou de l’accordéon.

- Atelier écriture et lecture : il avait initié un échange avec le Centre Culturel Antione de Saint Exupery, dirigé à l’époque par Marie France De La Rozière : Notre classe recevait périodiquement des livres que nous devions lire et résumer. L’atelier écriture a consisté à écrire le premier livre élaboré par une école primaire Mauritanienne avec la préface de Kane Yahya.

- Tournoi de football interclasse

- Découverte de la nature ou étude la géographie dans la nature : je me rappelait que pour nous faire comprendre ce qu’était l’horizon, nous étions monté sur des dunes qui étaient situé derrière l’ancien stade.

- Il organisait aussi des séances de cinéma.

- La citoyenneté : par les défilés du 28 novembre qu’on préparait ou bien les levers de couleur chaque matin avec Sabah aussi.

- Je me rappelais aussi des séances de cinéma qui nous permettait de regarder des films en classe.

Sa méthode pédagogique était tellement nouvelle que certains parents disaient qu’il ne faisait qu’amuser les enfants sans se préoccuper de leur avenir. Mais c’était sans connaître Mr Ly. Pendant les cours, il était très exigeant et c’était chaque soir des devoirs à faire à la maison et gare à celui qui ne les faisait pas (claques et gifles).

Nous l’aimions, nous l’admirions.

Il nous a aussi appris ce qu’était la contestation car quand on le voyait venir avec ses bottes et son hawli (turban), on savait que des manifestations allaient éclater (époque du PKM).

Je pense l’avoir connu plus que les autres et avoir le plus souffert de son éducation, du fait que sa première année d’enseignement, il vivait pratiquement chez nous à l’Ilot A247.

Une autre anecdote : le dimanche 9 juillet 1978, je me suis rendu chez lui avec Dialtabé Diop Hamady Hadoye. A la radio, on entendait un meeting du PPM. Il nous disait « écoutez- les, c’est la dernière fois que vous les entendez ». Le lendemain, eut lieu le fameux coup d’état du 10 juillet.

Membre fondateur de l’UDM et des FLAM, LY DJIBRIL HAMET fut le premier président des FLAM.

Rappelons son rôle dans l’amélioration de l’enseignement en Mauritanie et surtout dans l’ascension de l’Institut des Langues Nationales dont les progrès ont accéléré la répression et l’élimination de l’élite négro-africaine (surtout celle qui promouvait les langues nationales).

Il a énormément contribué à l’essor de la langue Pulaar.

INA LILLAHI WA INA ILEYHI RAJIOUNE. PUISSE DIEU L’ACCUEILLIR EN SON PARADIS.

Nous ne pourrons jamais l’oublier.

WELE Ibrahima