Lancement d’un atelier de formation sur les enquêtes et les poursuites liées au trafic de migrants

lun, 24/02/2025 - 20:38

Le Commissariat aux Droits de l’homme, à l’Action humanitaire et aux Relations avec la Société civile a organisé, lundi à Nouakchott, un atelier de formation sur les enquêtes et les poursuites en matière de trafic de migrants dans le cadre de la cybercriminalité transfrontalière.

Cet atelier, de trois jours, organisé en collaboration entre l’Instance nationale de Lutte contre la Traite des Personnes et Le trafic illicite de Migrants et l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), vise à renforcer la capacité des praticiens criminalistes, y compris les procureurs et les juges, en Mauritanie, au Sénégal et au Maroc, à mener des enquêtes approfondies et efficaces sur les affaires liées à la traite des personnes et au trafic illicite de migrants.

Il met, également, l’accent sur le renforcement de la coopération régionale et la coordination des efforts entre les États pour lutter plus efficacement contre ces crimes transfrontaliers.

Dans un discours prononcé à cette occasion, le commissaire adjoint aux droits de l’homme, M. Rassoul El Khal, a déclaré que ‘’le phénomène du trafic illicite de migrants et les violations qui en résultent sont devenus une préoccupation croissante pour les États, ce qui a rendu nécessaire de prendre des mesures immédiates pour l’éliminer’’, soulignant qu’en application des hautes directives de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, visant à faire face à ce phénomène, ‘’le gouvernement du Premier ministre Monsieur Moctar Ould Djay, a pris des mesures importantes sur les plans juridique et institutionnel, dont la promulgation de lois et la mise en place de mécanismes et de centres de lutte contre les violations de la loi, mettant en place un numéro vert pour les signaler.

Il a ajouté que l’Instance nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants a récemment lancé une vaste campagne médiatique contre le trafic de migrants dans la Wilaya de Dakhlet – Nouadhibou, ciblant les acteurs clés, en particulier, les juges, les officiers de police judiciaire et la société civile.

‘’Cette campagne a abouti à la création d’un réseau de journalistes spécialisés dans les questions de trafic de migrants, à la sensibilisation des travailleurs portuaires de Nouadhibou et à l’aide aux victimes du trafic de migrants’’, a-t-il ajouté.

De son côté, la Cheffe du Bureau de la Coordinatrice résidente des Nations Unies en Mauritanie, Mme Aurélie Fabry, a salué la coopération fructueuse entre la Mauritanie et son institution ans divers domaines, soulignant que ‘’cet atelier s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la criminalité transnationale, à travers l’encadrement et la formation des différents organismes œuvrant sur le terrain, ainsi que le renforcement des capacités et la coopération régionales’’, a – t – elle dit.

‘’En effet, le trafic de migrants constitue un défi majeur en Afrique de l’Ouest et du Nord, en particulier, en Mauritanie, au Sénégal et au Maroc, qui sont des points de transit stratégiques’, a-t-elle ajouté.

Le chef de l’équipe gouvernance de l’Union européenne en Mauritanie, M. Pierre Bezis, a exprimé la volonté du Bureau de lutter contre ces cybercrimes et d’affronter les hackers informatiques du monde entier pour parrainer le trafic illégal de migrants.

Il a souligné qu’en mars 2024, l’Union européenne et la Mauritanie ont signé un partenariat en matière de lutte contre la migration clandestine, dans le cadre duquel l’accent sera mis sur toutes les régions d’Afrique de l’Ouest et du Nord.

A son tour, le Consul général des Pays-Bas dans notre pays, SEM. Nabil Hajjar, a indiqué que ce projet a été mis en place au Sénégal en 2016, pour inclure la Mauritanie en 2023, pour être étendu ensuite à tous les pays du monde d’ici 2028, soulignant que ce projet régional aura des résultats importants, en termes de protection des migrants ainsi que de renforcement des capacités nationales en matière de lutte contre la traite des êtres humains et le trafic illicite de migrants.

Le projet vise, entre autres, à renforcer la coopération internationale afin d’assurer le succès des actions entreprises sans tenir compte du caractère transfrontalier du problème.

L’ouverture de l’atelier s’est déroulée en présence du représentant de l’ambassade du Royaume du Maroc en Mauritanie, du représentant de l’ambassade du Sénégal en Mauritanie et des représentants des délégations participantes.